Qu’implique la transition de IAS 39 a IFRS 9 pour une institution financiere?

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Fraser Hall, Head of Service Delivery EMEA, AxiomSL

November 6, 2015 – Voilà plus d’un an que la norme internationale d’information financière 9 (IFRS 9) a été publiée. Des interrogations demeurent sur la manière dont certains aspects de la norme doivent être interprétés. Pour autant, il ne fait aucun doute qu’IFRS 9 aura un effet majeur sur les pratiques comptables en privilégiant davantage les performances attendues des actifs financiers.

Pour mettre en œuvre IFRS 9 de la manière la plus efficace et la plus rentable, je pense que les entreprises doivent se concentrer sur cinq questions essentielles:

1) Comment allez-vous intégrer le risque et la finance?

Les rapports comptables sont traditionnellement axés sur les données financières. Dans le cadre de l’IFRS 9, toutefois, les données financières devront être combinées avec les données de risque pour fournir une vision plus claire de la valeur future des actifs. De cette manière, l’IFRS 9 rejoint une liste croissante d’obligations (comme BCBS 239 et AnaCredit) qui appellent à une relation beaucoup plus étroite entre le risque et la finance.

Ces deux fonctions, d’un point de vue historique, opèrent séparément l’une de l’autre, en employant des procédures de gouvernance, des modèles d’exploitation et des formats de données différents. La finance est habituée aux rapports externes et à rendre des comptes aux organismes de tutelle. Alors que le risque est habituellement un processus de surveillance interne qui doit adhérer à des normes internes plutôt que sectorielles.

La manière la plus simple pour les institutions financières de réconcilier les données et de respecter IFRS 9 consiste à mettre en œuvre une plateforme de reporting unique en amont des systèmes qu’elles utilisent aujourd’hui pour gérer les données de risque et les données financières. La plateforme doit intégrer et normaliser les données des différents systèmes sources et assurer qu’elles sont en conformité avec les mêmes normes. Cette plateforme doit également inclure une fonctionnalité de contrôle par l’utilisateur qui facilitera des procédures de gouvernance des données plus rigoureuses dans le domaine du risque.

2) Comment rechercherez-vous les nouveaux attributs de données?

Toutes les données requises pour IFRS 9 ne seront pas facilement disponibles auprès des fonctions risque et finance. À titre d’exemple, la dépréciation d’un actif dépendra de la volonté d’une institution financière de le conserver jusqu’à son échéance ou de le vendre avant son terme. Ce type d’information n’est pas conservé de façon systématique à l’heure actuelle.

Dans le cadre de leurs préparations pour IFRS 9, les institutions financières devront établir un mécanisme pour la collecte de ce type de données, ainsi que de nombreux autres attributs de données (comme les notations de crédits) qui sont couramment disponibles mais réparties entre de nombreuses sources.

3) Pouvez-vous vous appuyer sur vos données FINREP?

Il existe une redondance importante entre IFRS 9 et FINREP, un besoin qui a fortement accru la granularité des données financières que les institutions financières doivent déclarer lorsqu’elle a été introduite par l’European Banking Authority (EBA).

Afin d’atténuer l’impact d’IFRS 9, les institutions financières devront de préférence réutiliser les données qu’elles ont déjà déclarées pour FINREP, plutôt que de charger et traiter les mêmes données à de multiples reprises. Ceci ne sera possible que si elles utilisent la même plateforme de reporting pour IFRS 9 et FINREP.

4) Votre solution IFRS 9 prend-elle en charge les tests de scénarios?

La mise en œuvre d’IFRS 9 est un engagement majeur pour les institutions financières qui doivent donc analyser chaque possibilité afin d’en tirer des retombées économiques des efforts qu’elles investissent dans leurs projets de conformité.

Les institutions financières peuvent bénéficier d’IFRS 9 par l’utilisation d’une solution flexible et transparente qui leur permet d’effectuer des tests sur différents scénarios. Les utilisateurs doivent pouvoir explorer l’impact que les données sources ainsi que leurs paramétrages ont sur les résultats de leur modélisation de dépréciation. Cela leur permettra de mieux se préparer à des évènements de volatilité.

5) Votre solution IFRS 9 prend-elle en charge l’analyse des impacts?

Beaucoup d’institutions financières vont passer des centaines d’heures/homme à se préparer pour IFRS 9 au cours des années qui viennent. Parallèlement à ça, elles devront s’assurer qu’elles exploitent au maximum tout le travail préparatoire qu’elles accomplissent.

Il est devenu courant pour les institutions financières de compter sur des processus manuels ponctuels lors de l’évaluation des besoins comme IFRS 9 et de mener des essais préliminaires. Il s’agit d’une démarche hautement inefficace puisque cela signifie que lorsqu’elles sont satisfaites des résultats, elles doivent commencer à configurer leur plateforme pour l’aligner sur les modifications qu’elles ont obtenues en amont.

Nous pensons que les institutions financières devraient effectuer leur travail d’analyse d’impacts dans le cadre de la plateforme qu’elles prévoient de déployer pour produire leurs rapports IFRS 9 définitifs. Ces dernières doivent être capables d’archiver la logique employée dans le cadre de l’analyse des impacts. Cela voudra dire qu’elles auront déjà une grande partie du travail préparatoire sauvegardée dans sa plateforme et pourra passer rapidement de l’analyse des impacts à la production des résultats définitifs, au moment de l’entrée en vigueur d’IFRS 9.