Le compte à rebours vers la norme IFRS Êtes-vous prêt?

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June 8, 2017 – De Sufyan Khan- AxiomSL EMEA

À un peu plus de six mois de l’entrée en vigueur de la norme internationale d’information financière 9 (IFRS 9) dans plus de 130 pays, les entreprises doivent déjà connaître son impact sur leurs pratiques opérationnelles et technologiques et procéder aux modifications requises au niveau de leurs systèmes comptables et de gestion du risque pour se mettre en conformité. Cet article vise à souligner certaines des considérations essentielles dont les entreprises doivent avoir connaissance et les conditions requises pour être en conformité.

Ce n’est qu’il y a quelques mois, en décembre 2016, que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a recommandé aux entreprises d’effectuer une analyse approfondie des principes de la norme à la lumière des changements potentiels pour les systèmes informatiques et de gestion du risque.

Mise en œuvre de la phase 2

Comme d’autres banques à travers l’Europe, les banques françaises travaillent actuellement à la mise en œuvre de la phase 2 d’IFRS 9, connue comme la Phase de dépréciation. L’objectif des obligations de dépréciation est de fournir aux utilisateurs des informations plus utiles concernant les pertes de crédit attendues sur des instruments financiers par une entité. Le modèle exige qu’une entité constate les pertes de crédit attendues en tout temps et qu’elle actualise le montant des pertes de crédit attendues identifiées à chaque date de rapport afin de refléter les évolutions du risque de crédit des instruments financiers.

Ici, les banques doivent veiller à avoir le modèle « Point in Time » (PIT) en place pour la génération de probabilités de défaut (Probability of Default – PD), en tenant compte des différents facteurs macroéconomiques. Les banques qui utilisent une méthode fondée sur la notation interne (NI) feront très probablement la transition de leurs modèles PD TC « Through the Cycle » (TTC) vers des modèles PD PIT. Pour autant, les banques qui adoptent une méthode normalisée devront créer un modèle à partir de zéro pour s’assurer de la solidité du processus IFRS 9. En outre, les modèles doivent intégrer des facteurs macroéconomiques lors de la génération d’une PD. L’approche prospective (forward-looking) d’IFRS 9 est extrêmement différente de la méthode actuelle, IAS 39, qui repose sur une approche de modèle de pertes avérées.

De plus, avant que les banques exécutent le processus de calcul des pertes de crédit attendues (ECL), elles doivent s’assurer que les actifs sont répartis en différentes étapes (Étapes 1, 2 et 3) et qu’une approche prospective est en place. Les calculs ECL doivent être effectués au niveau des contrats pour projeter les pertes futures attendues en fonction de multiples hypothèses macroéconomiques. Cela nécessitera le traitement d’une grande quantité de données granulaires, qui auront besoin d’être agrégées et consolidées de manière conviviale. Les informations au niveau des contrats et les différentes hypothèses macroéconomiques devront aussi être archivées ; toutefois, la capacité de créer des instantanés du processus de bout en bout peut constituer une difficulté pour les banques si les processus de gouvernance et de vérifiabilité adéquats ne sont pas mis en place.

Une mise en œuvre efficace dépend d’une intégration réussie

La mise en œuvre réussie de chaque phase de l’IFRS 9 dépendra grandement de l’aptitude des services risque et finance à travailler ensemble au rapprochement des données pour assurer une version unique fidèle à la réalité. Cependant, ces fonctions sont traditionnellement gérées en silos et, au fil des années, ont développé des cadres très différents. La finance doit produire des chiffres très précis et vérifiables qui informent notamment les investisseurs des résultats d’une entreprise. Par conséquent, la finance est définie par de nombreuses règles détaillées et les comptes sont produits dans un environnement hautement structuré et contrôlé. Le risque, de son côté, doit pouvoir imaginer l’avenir et réagir sur-le-champ dans des situations qui évoluent rapidement. En conséquence, le risque repose sur des principes plutôt que sur des règles contraignantes.

D’un point de vue technologique, l’exigence de l’IFRS 9 de faire converger les environnements du risque et de la finance est aujourd’hui plus indispensable que jamais. Les chevauchements d’activités, comme les processus parallèles effectuant le même ensemble de calculs sans coordination avec d’autres équipes, doivent être minimisés et les processus doivent être automatisés dans l’objectif d’améliorer la validité et la fiabilité des calculs. Le meilleur moyen pour les entreprises de surmonter cette difficulté est d’utiliser une plateforme unique de calcul et de production d’états, ce qui peut offrir à la fois l’environnement de production structuré requis par la finance et la flexibilité requise par le risque. La plateforme ne doit pas imposer de contraintes sur l’emplacement des données ni exiger une duplication ou un stockage en double. Il doit être possible pour les utilisateurs informatiques et professionnels de comprendre la logique qui est utilisée. Les informations de traçabilité des données seront également importantes pour établir la confiance dans la plateforme.

Les banques doivent envisager la mise en œuvre de l’IFRS 9 comme faisant partie d’un ensemble plus large d’obligations réglementaires et comptables, notamment les simulations de crise (stress testing), le CBCB 239 et les calculs du capital réglementaire, ce qui les conduira à refondre leurs processus de données et leurs infrastructures technologiques.